Le traducteur
Un joueur ne parle qu'en charabia — une langue inventée, pleine d'émotion — pendant qu'un second, à ses côtés, le « traduit » en langage réel pour le public. Un tiers pose souvent des questions. L'émotion, le rythme et les gestes du charabianteur mènent tout, et le traducteur construit le sens. On échange les rôles à mi-parcours. C'est un partenariat sous pression. Le locuteur doit s'exprimer sans vocabulaire, et le traducteur doit vraiment suivre son intention plutôt que l'écraser. On y travaille l'écoute la plus fine — lire le sens d'un partenaire sur son corps — et le « oui » mutuel qui fait tenir une seule histoire à deux.
🎓 Conseils pour l'animateur
Le traducteur sert le locuteur, pas l'inverse. Faites-lui lire l'émotion du charabia, pas inventer un discours sans rapport. Le locuteur doit s'engager sur une vraie intention — une liste de courses dite avec fureur passe quand même. L'émotion porte là où les mots manquent. Gardez des traductions d'une longueur et d'une énergie comparables. Un jet de charabia de cinq mots suivi d'un monologue casse l'illusion.
Une erreur, une variante qui manque, une meilleure façon de le mener ? Corrige-la.